A retenir

  • Les grands herbivores - chamois, cerf, chevreuil, bouquetin- utilisent différents milieux naturels du massif, forêt, lande et pelouse en fonction de l’espèce et de la saison.
  • L’utilisation de l’espace en fonction de l’altitude et de la saison est encore peu connue dans le massif, d’où la mise en place d’un réseau de pièges photos pour croiser la fréquentation des milieux par ces espèces avec des données de végétation et de température.
  • Ce réseau permettra de mieux comprendre les évolutions de distribution et d’abondance des grands herbivores en fonction du changement climatique ainsi que leur utilisation des différents milieux et de la lande en particulier
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Problématique : le Mont-Blanc un espace pâturé… par des herbivores sauvages

Les grands herbivores les plus présents dans le massif sont les chamois, les bouquetins, les cerfs et les chevreuils. Deux des caractéristiques, en partie liées, du Mont-Blanc sont un moindre pastoralisme “domestique” par rapport à d’autres massifs, et la forte présence de la lande, un milieu moins propice à l’”herbivorie” que la pelouse. Un contexte très intéressant pour observer la “pression d’abroutissement" exercée par les herbivores sauvages sur les milieux naturels et l’utilisation de ceux-ci par ces espèces.

Pertinence l’utilisation des versants par les herbivores

Fréquence des différentes espèces parmi les contacts réalisés par le réseau de pièges photos du CREA Mont-Blanc (2018-2020)

Spécificité de la montagne, l’espace est structuré par une variation rapide de l’altitude, donc par la juxtaposition de milieux naturels différents sur de courtes distances. Forêts, landes et pelouses alpines se succèdent. Les herbivores savent tirer profit de chaque milieu, le chamois se retrouvant dans tous les milieux, le cerf en forêt et en lande et le chevreuil principalement en forêt. L’utilisation des différents milieux par ces espèces est peu étudiée dans le Mont-Blanc, d’où la mise en place d’un réseau de pièges-photos automatiques.

Evolution de l’activité des herbivores en fonction de la saison

Variation du rythme d’activité du chamois en pelouse et en forêt en fonction de la saison

Les grands herbivores sont relativement sédentaires mais ils adaptent leur rythme journalier et leur fréquentation des différents milieux en fonction de la saison. L’exemple du chamois montre une présence accrue en pelouse en été et en forêt en hiver, parfois bas en altitude. De même, son activité au cours de la journée est très différente en hiver et en été, avec même parfois une activité nocturne.

Perspectives évolution à long-terme des herbivores

Jeune bouquetin

Jeune bouquetin

Mieux connaître l’occupation de l’espace des herbivores en fonction de l’altitude et de la saison permettra à terme de croiser ces données avec des données climatiques et de végétation. Cette dernière change avec le changement climatique, aussi bien en composition - développement de la forêt et de la lande-, qu’en saisonnalité - démarrage et pic de productivité végétal de plus en plus précoces. La question à l’étude pour l’avenir des herbivores est donc de savoir s’ils resteront “synchronisés” avec leur milieu.

Sources

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